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Gabapentine

Résumé de la fiche

La gabapentine (GBP) est un anti-épileptique de deuxieme generation indiquée dans les épilepsies partielles simples ou complexes en monotherapie de premiere intention (>12 ans) ou en association (>6 ans).

Son mécanisme d'action est encore mal elucidé. La GBP est egalement efficace dans le traitement des douleurs neuropathiques.

La GBP n'est pas métabolisée par le foie. Ainsi, son administration concomittante avec d'autres anti-épileptiques n'affecte pas ses concentrations plasmatiques

La GBP est globalement bien tolerée en dehors de la somnolence et des oedemes des membres inferieurs, dose-dépendants en particulier observés chez le sujet âgé.

 

Item(s) ECN

72 : Prescription et surveillance des psychotropes
103 : Épilepsie de l'enfant et de l'adulte
326 : Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes chez l’adulte et chez l’enfant

Médicaments existants

Gabapentine, gélules

Mécanismes d’action des différentes molécules

Les effets antiépileptiques de la gabapentine sont encore mal expliqués. La gabapentine majore l’action inhibitrice du GABA puisqu’elle pénètre facilement dans le cerveau, et est à l’origine d’une augmentation synaptique du GABA.

La GBP intervient également sur l’excitabilité des neurones au niveau des canaux calciques voltage-dépendants membranaires en réduisant l’influx de calcium.

Effets utiles en clinique

La gabapentine est indiquée :

-  dans l’épilepsie en monothérapie ou en thérapeutique adjuvante pour traiter les épilepsies partielles avec ou sans généralisation secondaire. En effet, elle peut être utilisé comme traitement adjuvant chez des patients non répondeurs ou intolérants aux anti-épileptiques classiques. Elle n’est pas efficace sur les absences. La gabapentine est utilisé chez l’adulte mais également chez l’enfant (> 6 ans en association, >12 ans en monothérapie). Elle n'est pas indiquée dans les épilepsies généralisées idiopathiques car elle peut aggraver les absences typiques.

- dans la douleur, pour traiter les douleurs neuropathiques comme celles des diabétiques ou de l’adulte. à la suite d'un zona.

 

Pharmacodynamie des effets utiles en clinique

Le mécanisme par lequel la gabapentine exerce ses propriétés anti-convulsivantes reste mal connu mais la gabapentine prévient les crises d’épilepsie avec autant d’efficacité que les autres anti-convulsivants, vraisemblablement en agissant sur le système gabaergique sachant que :

-         elle est structurellement analogue au neuro-transmetteur GABA mais elle n’est  pas convertie métaboliquement en GABA

-         elle ne modifie pas la liaison de ce neuro-transmetteur,

-         elle n’inhibe pas sa recapture ou sa dégradation

-         elle n’est pas agoniste des récepteurs au GABA ou au glutamate.

Par ailleurs, la gabapentine agit au niveau des canaux calciques voltages dépendants, sur la sous-unité alpha2-delta. La fixation sur cette sous-unité activerait les voies noradrénergiques descendantes (impliquées entre autres dans la douleur) et conduit à une analgésie.

L’activité de la gabapentine n’est pas corrélée à sa concentration plasmatique.

Caractéristiques pharmacocinétiques utiles en clinique

Les concentrations plasmatiques de la gabapentine sont proportionnelles à la dose et sont généralement comprises entre 2µg/ml et 20µg/ml. La posologie initiale est de 300mg avec une augmentation régulière jusqu’à 1,2g/j. Des doses de 2,4 g/jour peuvent être nécessaires pour certains patients et aux Etats-Unis, des doses de plus de 3,6g/j administrées sur une courte période sont bien tolérées.

La dose totale par jour doit être prise en trois doses équivalentes sur la journée et l’intervalle maximum ne doit pas dépasser 12 heures.

Chez l’enfant, la dose initiale est de 5-10mg/kg/jour avec une augmentation progressive des doses.

Absorption

L’absorption intestinale de la GBP est saturable, avec un pic de concentration plasmatique atteint dans les deux heures qui suivent l’administration. Elle n’est pas modifiée par la prise alimentaire.

Distribution

La gabapentine est très largement distribuée dans l’organisme. Sa fixation aux protéines plasmatiques est minimale. Elle est distribuée dans le lait maternel et dans le liquide cérébro-spinal.

Métabolisation

La gabapentine ne semble pas être métabolisée et n’agit pas sur les enzymes du métabolisme.

Elimination

Elle est excrétée presque entièrement par les urines sous forme inchangée. Sa demi-vie d’élimination est comprise entre 5 et 7 heures.

Source de la variabilité de la réponse

La gabapentine n’étant pas métabolisée, l’administration concomitante avec les autres anti-épileptiques n’affecte pas sa concentration plasmatique.

Par contre, l’association d’un anti-acide peut réduire jusqu’à 25% la biodisponibilité de la gabapentine. Il est donc recommandé de prendre la gabapentine deux heures après la prise d’un anti-acide ou avant.

Situations à risque ou déconseillées

La gabapentine ne doit pas être utilisée dans les absences puisque elle n’est pas efficace et peut parfois aggraver les crises.

De même, en raison de son élimination principalement rénale, la gabapentine doit être utilisée avec précaution chez l’insuffisant rénal et la dose doit être ajustée en fonction de la clairance de la créatinine.

Les données au cours de la grossesse ne sont actuellement pas suffisantes pour juger de façon pertinente le risque de la gabapentine. Sa prescription pendant la grossesse doit être réfléchie, à la posologie minimale efficace et dans la mesure du possible en monothérapie pour le premier trimestre. Elle ne doit pas être arrêtée brusquement à la découverte d’une grossesse.

Précautions d’emploi

La gabapentine doit être utilisée avec précaution chez les patients avec des antécédents psychotiques ou à risque suicidaire élevé.

 

Effets indésirables

Les effets indésirables les plus communément rapportés avec la gabapentine sont la somnolence, l’étourdissement, l’ataxie et la fatigue.

De façon moins fréquente, on peut observer :

- un risque neurologique : nystagmus, tremblements, diplopies, amblyopies, paresthésies

- des troubles du comportement : anxiété, nervosité, confusions, dépressions, hallucinations et psychoses (rare).

D'autres effets beaucoup plus rares ont été rapportés :

-  un risque cutané : érythème multiforme, syndrome de Steven Johnson, purpura

- des désordres gastro-intestinaux et hépatiques : dyspepsies, nausées, vomissements, altérations des fonctions hépatiques

-   une atteinte pancréatique : pancréatite, fluctuations de la glycémie

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  • 31 mai 2017