Antihistaminiques H1

Résumé de la fiche

Outre leur indication dans l’allergie, certains antihistaminiques H1 sont prescrits dans d’autres indications. Ainsi l’hydroxyzine est aussi utilisé dans l’anxiété mineure tandis que d’autres (doxylamine, acetapromazine, niaprizine, alimémazine, promethazine) sont utilisés dans l’insomnie. 

Certains d’entre eux, du fait de leur propriété anticholinergique, sont contre-indiqués chez les patients porteurs d’un glaucome à angle fermé ou des troubles uretroprostatiques (risque de rétention urinaire) ou son association avec d’autre substances atropiniques également déconseillée. 

La surveillance du traitement portera notamment sur l’existence et la tolérance d’une somnolence diurne qui pourra nécessiter une diminution des doses.

Item(s) ECN

182 : Hypersensibilités et Allergies chez l’enfant et l’adulte
183 : Hypersensibilités et Allergies cutanéomuqueuses chez l’enfant et l’adulte
184 : Hypersensibilité et Allergies respiratoires chez l’enfant et chez l’adulte

Mécanismes d’action des différentes molécules

Leur effet sédatif repose sur une action antagoniste au niveau des récepteurs cérébraux à l’histamine (H1), notamment au niveau de l’hypothalamus postérieur ventrolatéral intervenant dans la régulation de l’éveil. L’existence d’une activité anticholinergique associée à l’action antihistaminique pourrait être un facteur de potentialisation de l’effet sédatif.

L’hydroxyzine est un antihistaminique H1 utilisé dans l’anxiété. Il possède par ailleurs des effets antiserotoninergiques et anticholinergiques modérés (mais dont il faudra tenir compte en clinique) ainsi qu’une faible activité antibradykinine, qui en font un produit au profil d’action original. Il n’a pas d’effet dépresseur cortical, mais inhibe l’activité de certaines régions subcorticales. Ceci permet une action sédative sur la tension émotionnelle et l'anxiété, et favorise le contrôle de l'émotivité et de certaines réactions neurovégétatives.

Les effets des ces produits sur les différents paramètres du sommeil ont été peu étudiés en raison de l’ancienneté d’un grand nombre de ces molécules, utilisés davantage dans l’allergie que dans l’insomnie. 

Effets utiles en clinique

Les antihistaminiques H1 sont utilisés pour le traitement des manifestations allergiques telles que les rhinite saisonnière, les dematoses (urticaire, piqûre d’insecte, prurit allergique). 

Ils sont également utilisés dans l’anxiété (hydroxyzine), dans l’insomnie (doxylamine, acetapromazine, niaprizine, alimémazine, promethazine), dans le mal des transports (diphénydramine).

Pharmacodynamie des effets utiles en clinique

Les antihistaminiques H1 présentent les effets cliniques suivants : 

un effet anxiolytique : il est certes moins puissant que les benzodiazépines mais explique que ces médicaments peuvent représentés des alternatives intéressantes notamment dans les formes mineures d’anxiété ou en anesthésiologie comme prémédication 

un effet sédatif : il se manifeste par une somnolence plus ou moins intense, des vertiges, des difficultés de concentration. L’existence éventuelle d’une activité anticholinergique associée à l’action antihistaminique pourrait être un facteur de potentialisation de l’effet sédatif ou d’altérations des capacités de mémorisation. 

effet antinaupathique : l’action sur le mal des transports est liée à l’activité anticholinergique 

effet anticholinergique : aux doses utilisées en thérapeutiques, certains antihistaminiques (astémizole par ex) peuvent être considérés comme dépourvus d’activité anticholinergique au niveau des récépteurs muscariniques. Par contre d’autres produits (prométazine, hydroxyzine, doxylamine par ex) ont des propriétés anticholinergiques à doses usuelles 

effet adrénolytique : cet effet est présent chez certains antihistaminiques, notamment ceux du sous-groupe des phénotiazines. Cet effet peut entraîner une hypotension orthostatique (effet adrenolytique périphérique). Il peut également être à l’origine d’une sédation (effet adrenolytique central).

Ainsi selon le profil de l’antihistaminique (en terme d’affinité, puissance..) et les études cliniques qui ont été menées, certains médicaments antihistaminiques sont utilisés dans l’anxiété (hydroxyzine) ou dans l’insomnie (doxylamine, acetapromazine, niaprizine, alimémazine, promethazine).

Caractéristiques pharmacocinétiques utiles en clinique

Les caractéristiques pharmacocinétiques des antihistaminiques H1 sont relativement peu connues en raison de l’ancienneté d’un grand nombre de molécules et de leur relative bonne tolérance. 

Ces produits ont une biodisponibilité généralement moyenne, une demi-vie variable (pouvant être prolongée, jusqu’à 30 heures). Médicaments lipophiles, ils passent la barrière hémato-encéphalique, expliquant leur effet sédatif, contrairement aux antihistaminiques plus récents.

Source de la variabilité de la réponse

Compte tenu des effets atropiniques de cette molécule, son association avec l’atropine et d’autres substances atropiniques (antidépresseurs tricycliques, antiparkinsoniens anticholinergiques, antispasmodiques atropiniques, disopyramide, neuroleptiques phénothiaziniques) peuvent entraîner une addition des effets indésirables atropiniques à type de rétention urinaire, constipation, sécheresse de la bouche…


Chez les personnes âgées, l’utilisation des antihistaminiques avec effets anticholinergiques doit être prudente en raison du risque de confusion mentale.

Concernant l’utilisation de ces molécules chez la femme enceinte ou qui allaite, les informations disponible sont très variables selon les molécules : 

Avec l’hydroxyzine, utilisée dans l’anxiété : En l’absence de données suffisamment pertinente, il est préférable de ne pas utiliser ce médicament pendant la grossesse et durant l’allaitement 

Avec la doxylamine, utilisée dans l’insomnie : Compte tenu des résultats d’études épidémiologiques excluant le risque malformatif ou foetotoxique de la doxylamine, ce produit peut être utilisée pendant la grossesse. Par contre compte tenu des effets anticholinergiques de ce produit, il faudra surveiller les fonctions neurologiques et digestives des nouveaux-nés.

Avec l’alimémazine, utilisée dans l’insomnie : En l’absence de données suffisamment pertinente, il est préférable de ne pas utiliser ce médicament pendant la grossesse et durant l’allaitement 

Avec la promethazine, utilisée dans l’insomnie : . En l’absence de données suffisamment pertinente sur le risque malformatif, il est préférable de ne pas utiliser ce médicament pendant la grossesse au 1er trimestre. 

Par contre compte tenu des signes digestifs liés aux propriétés atropiniques de ce produit, son usage au 3ème trimestre, s’il est justifié, devra être ponctuel. Si l’administration a eu lieu, il faudra surveiller les fonctions neurologiques et digestives du nouveau-né.

Situations à risque ou déconseillées

Les antihistaminiques H1 du fait de leurs effets antimuscariniques, (hydroxyzine), sont contre-indiqués chez les patients ayant un glaucome à angle fermé ainsi que ceux présentant des troubles urétro-prostatiques (risque de rétention urinaire).

Précautions d’emploi

L’association de boissons alcoolisées est à déconseiller pendant le traitement en raison du risque de potentialisation de l’effet sédatif.

L’attention du patient doit être attirée par la possibilité de chute ou de sensations vertigineuses en cas de lever nocturne.

L’utilisation de la prométhazine doit imposer une surveillance clinique et éventuellement paraclinique (EEG) chez les patients épileptiques du fait d’un abaissement du seuil épileptogène. Elle doit également être utilisée avec prudence chez les personnes âgées en raison d’une plus grande sensibilité à l’hypotension orthostatique, à la sédation.

Compte tenu de son effet photosensibilisant, l’exposition solaire est à éviter pendant un traitement par prométhazine.

Effets indésirables

Outre la sédation, l’effet anticholinergique de cette molécule peut entraîner une sécheresse buccale, une tachycardie, une rétention urinaire, des troubles de l’accommodation, constipation, une confusion mentale.
L’hydroxyzine pourrait être à l’origine de syndrome de sevrage lors de la consommation de fortes doses sur de longues périodes.

Surveillance des effets

La surveillance du traitement, outre l’évaluation de l’efficacité (comme anxiolytique ou hypnotique par exemple) portera sur l’évaluation des effets indésirables du médicament notamment sur l’existence et la tolérance d’une somnolence diurne qui pourra nécessiter une diminution des doses.

Imprimer la fiche

  • 31 mai 2017

Login