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pharmaco-medicale

Site du Collège National de Pharmacologie Médicale

Amantadine

Résumé de la fiche

L’amantadine est un médicament initialement développé comme antiviral, dont l’effet antiparkinsonien a été découvert secondairement. Son mécanisme d’action n’est pas entièrement élucidé et semble multiple (augmentation de la synthèse et de la libération de dopamine, blocage de la recapture présynaptique de la dopamine, antagonisme des récepteurs glutamatergiques de type NMDA, faible action anticholinergique).

Dans la maladie de Parkinson, l’amantadine exerce un effet symptomatique modeste sur les signes moteurs, notamment l’akinésie et la rigidité. Son intérêt clinique principal est surtout son effet sur la réduction des dyskinésies induites par la L-Dopa.

Ses principaux effets indésirables sont neuropsychiatriques : confusion, hallucinations visuelles, agitation, troubles du sommeil, surtout chez les sujets âgés, les patients ayant des troubles cognitifs ou en cas d’insuffisance rénale. Ces effets sont liés à ses propriétés dopaminergiques et anticholinergiques.

Une hypotension orthostatique, des oedèmes et un livedo des membres inférieurs sont plus rares. Des troubles digestifs sont également observés.

Item(s) ECN

173 : Prescription et surveillance des anti-infectieux chez l’adulte et l’enfant
326 : Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes chez l’adulte et chez l’enfant

Médicaments existants

Amantadine : Mantadix ®

Une formulation à libération prolongée (ADS 5102) a été approuvée par la FDA.

Mécanismes d’action des différentes molécules

L’action antiparkinsonienne de cet agent antiviral a été découverte par hasard.

Son mécanisme d’action reste mal connu, plusieurs hypothèses sont proposées :
- Augmentation de la synthèse et de la libération de dopamine,
- Blocage de la recapture présynaptique de la dopamine,
- Antagonisme des récepteurs glutamatergiques de type NMDA,
- Action anticholinergique (faible)

Effets utiles en clinique

L’amantadine exerce un effet symptomatique modeste sur les signes moteurs de la maladie de Parkinson, notamment l’akinésie et la rigidité. Son intérêt principal est toutefois son effet antidyskinétique.

Pharmacodynamie des effets utiles en clinique

En monothérapie, dans les formes débutantes akinéto-hypertoniques de la maladie de Parkinson, l’amantadine a un effet symptomatique modéré et à court terme.

Plusieurs études ont montré que l’amantadine peut réduire la durée et la sévérité des dyskinésies induites par la L-Dopa, sans majorer significativement les symptômes parkinsoniens.

Elle peut ainsi être utilisée comme traitement adjuvant dans les formes évoluées de la maladie de Parkinson compliquées de dyskinésies, en association avec la L-Dopa et après adaptation du traitement dopaminergique.

Caractéristiques pharmacocinétiques utiles en clinique

Son absorption est digestive avec une biodisponibilité élevée, son pic plasmatique est à 4 heures et sa demi-vie d’élimination est de 15 heures. 

Elle est éliminée principalement sous forme inchangée par voie rénale, ce qui expose à un risque d’accumulation chez le sujet âgé ou insuffisant rénal et impose une adaptation posologique à la clairance de la créatinine.

Source de la variabilité de la réponse

Interactions médicamenteuses :
- antiparkinsoniens : majoration des effets anticholinergiques et dopaminergiques

La demi-vie d’élimination de l’amantadine s’allonge chez le sujet âgé et chez l’insuffisant rénal. La dose d’amantadine doit ainsi être adaptée à la clairance de la créatinine chez l’insuffisant rénal.

Situations à risque ou déconseillées

- Troubles psychotiques
- Phase aiguë de l’infarctus du myocarde (risque de troubles aigus du rythme cardiaque)

Précautions d’emploi

- Troubles cognitifs

Effets indésirables

Une confusion, des hallucinations visuelles, une agitation représentent les effets indésirables les plus souvent rencontrés. Ils sont liés aux propriétés dopaminergiques et anticholinergiques du médicament. Ces effets sont dose-dépendants.

Des troubles digestifs là encore dose-dépendants ont egalement été rapportés.

Une hypotension orthostatique, des oedèmes et un livedo des membres inférieurs sont plus rares.

Surveillance des effets

La surveillance des effets souhaités repose sur l’examen clinique moteur du patient et l’évaluation du score moteur à l’aide de l’échelle MDS-UPDRS.

La surveillance des effets indésirables repose sur l’interrogatoire et sur l’examen clinique.

L’interrogatoire doit parfois être poussé afin de déceler d’éventuels effets indésirables psychiatriques à type de délire ou d’hallucinations souvent cachés par le patient.

 

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  • Dernière modification: : D. Deplanque
  • 21 Mai 2026