Le diabète est un problème majeur de santé publique. Au côté du diabète insulinopénique de type 1 dont l’incidence est stable, le diabète de type 2 présente une croissance exponentielle. L’hyperglycémie est dangereuse par elle même à court terme (polyurie, cétose, toxicité directe pour le néphron et les artérioles), mais aussi à long terme en provoquant des lésions micro-angiopathiques et macro-angiopathiques responsables de cécité et d'insuffisance rénale, ainsi que de mortalité cardiovasculaire (IDM, AVC, AOMI) qui réduisent la durée de vie des patients. En 2019, le diabète était la cause directe de 1,5 million de décès et 48 % de l’ensemble des décès dus au diabète sont survenus avant l’âge de 70 ans. De plus, 460 000 autres décès par maladie rénale ont été causés par le diabète et l’hyperglycémie est à l’origine d’environ 20 % des décès imputables à des maladies cardiovasculaires.
Les approches pharmacologiques du traitement du diabète de type 2 viennent en complément des mesures hygiénodiététiques et ont pour but :
Les objectifs à court terme sont de maintenir la glycémie à un niveau normal pour éviter la glycosurie et la cétose.
A moyen et long terme, l’objectif du traitement est de maintenir un équilibre glycémique optimal. L'hémoglobine glyquée (HbA1c) est le pourcentage d'hémoglobine ayant fixé du glucose dans le sang, ce qui est le reflet de la glycémie moyenne des 3 derniers mois précédant le dosage (durée de vie des globules rouges). Ce biomarqueur permet d'assurer la surveillance de l'équilibre glycémique au long cours.
L'objectif des médicaments anti-diabétiques est de maintenir l'équilibre glycémique afin de prévenir les complications chroniques grâce au traitement des comorbidités associées (hypertension artérielle, dyslipidémie, sevrage tabagique, surpoids, sédentarité).
Dans le diabète de type 1, le traitement est d'emblée l'insuline.
Dans le diabète de type 2, le traitement consiste à la mise en oeuvre de mesures hygiéno-diététiques puis après échec d'un traitement pharmacologique avec des antidiabétiques.
La place des inhibiteurs de réabsorption tubulaire de glucose (iSGLT2) et des agonistes de GLP1 (aGLP1) s'est imposée dans la fin de la deuxième décennie en raison de la démonstration de réduction de mortalité toutes causes confondues chez les patients diabétiques de type 2 à haut risque cardiovasculaire et/ou rénal.
Le diabète se définit par une hyperglycémie chronique, mise en évidence par au moins deux glycémies à jeun >7 mmol/L (>1,26g/L). Cette hyperglycémie résulte d’une carence en insuline, principale hormone hypoglycémiante, deux mécanismes pouvant alors être impliqués :
- Destruction des cellules bêta pancréatiques qui n’assurent plus la sécrétion insulinique (diabète de type 1)
- Carence relative chez des patients résistants à l’insuline et chez qui une hypersécrétion compensatrice est nécessaire et non assurée (diabète de type 2). La pathogenèse du diabète de type 2 peut alors être séparée en deux étapes successives :
On parle aussi d'autre types particuliers : diabètes secondaires dus aux médicaments ou d'autres maladies comme hyperthyroïdie, syndrome de Cushing... et diabète gestationnel. Il apparaît pendant la grossesse et disparaît après l'accouchement.
Le type de traitement hypoglycémiant adapté dépend alors du type de physiopathologie :
Diabète de type 1: substitution en insuline d'emblée, la carence en insuline étant au premier plan.
Diabète de type 2:
Recommandations HAS Mai 2024



La prescription des sulfamides hypoglycémiants en bithérapie en association avec la metformine n’est plus la stratégie préférentielle recommandée en raison des risques d’hypoglycémies sévères et de l’existence de molécules ayant des effets bénéfiques clairement démontrés sur les complications cardiovasculaires et rénales.
| Insulines | agoniste du récepteur de l'insuline |
| Biguanides | activation de l'AMPK hépatique (mécanisme non complètement élucidé) |
| Sulfamides hypoglycémiants | fixation sur la protéine SUR1 du canal potassique des cellules beta pancréatiques |
| Glinides | fixation sur la protéine SUR1 du canal potassique des cellules beta pancréatiques |
| Inhibiteurs des alpha-glucosidases intestinales | retard de l'absorption intestinale du glucose |
| Incrétinomimétiques - agoniste du récepteur au GLP1 | fixation sur les récepteurs au GLP1 au niveau pancréatique qui potentialise de façon glucose-dépendante la sécrétion d’insuline par les cellules bêta pancréatiques |
| Incrétinomimétiques - inhibiteurs de la DPP4 | inhibition de la dégradation des incrétines |
| Inhibiteur SGLT2 | inhibition de la réabsorption tubulaire du glucose |

| Metformine | iSGLT2 | aGLP1 | iDPP4 | Sulfamide/Glinide | Insuline | |
| Efficacité sur HbA1c | ++ | + | +++ | + | +++ | ++++ |
| Effets protecteurs cardiovasculaires | ↔ à + |
++ (selon molécules) |
++ (selon molécules) |
↔ | ↔ | ↔ |
| Risque d'hypoglycémie | - | - | - | - | ++ | +++ (selon "rapidité") |
| Effets sur la fonction rénale | ↔ |
+++ (selon molécules) |
+ (selon molécules) | |||
| Effets sur le poids | ↔ | ↓ | ↓↓ | ↔ | ↑ | ↑↑ |
| Effets indésirables | Digestifs |
Infections urinaires et génitales |
Digestifs | Digestifs | Hypoglycémies, prise de poids | Hypoglycémies, prise de poids, réaction au site d'injection, hypokaliémie |
|
Vigilance (à surveiller) |
Acidose lactique, carence vitamine B12 |
Acidocétose, |
Pancréatite aigue | Pancréatite aigue, angioœdème, toxiderme |
Hypoglycémies sévères | Hypoglycémies sévères |
| Tableau inspiré des recommandations HAS Mai 2024 | ||||||
Pour les situations aigues, hyperglycémie, coma hyperosmolaire, acidocétose, acidose lactique, diabète gestationnel, seules les insulines sont indiquées
Modifications de poids
La metformine étant majoritairement éliminée par voie rénale, il convient de surveiller la fonction rénale pour réduire la dose ou arrêter le traitement. L'insuffisance rénale potentialise le risque d'acidose lactique parfois fatale.
Insuffisance rénale
Insuffisance hépatique
Interactions médicamenteuses
Les situations à risque d'hypoglycémie sont : les sujets âgés, l'insuffisance rénale, le jeûne, les efforts physiques non anticipés par une baisse de posologie des hypoglycémiants, l'utilisations de médicaments hypoglycéminants (notamment l'insuline alors que la metformine n'entraîne pas d'hypoglycémie).
Insuffisance rénale chonique: seule l'insuline peut être employée quelque soit la réduction de la fonction rénale y compris l'hémodialyse.
Adaptation des antidiabétiques à la réduction du débit de filtration glomérulaire :
| insulines | peuvent être utilisées quelque soit le degré d'insuffisance rénale |
| biguanides (metformine) |
dose maximale jusqu'à 60 mL/min ne pas dépasser 1000 mg/j entre 30 et 60 mL/min contre-indiquée quand DFG < 30 mL/min |
| sulfamides hypoglycémiants |
réduction de dose entre 30 et 60 mL/min contre indiqués quand DFG < 30 mL/min |
| glinides (répaglinide) |
réduction de dose entre 15 et 30 mL/min contre-indiquée quand DFG < 15 mL/min |
| inhibiteurs de DPP4 | non indiqués si DFG < 30 mL/min |
| agonites du récepteur au GLP1 | non indiqués si DFG < 30 mL/min |
| inhibiteur d'alpha-glucosidases | contre indiqués si DFG < 25 mL/min |
| inhibiteur de SGLT2 | non indiqués si DFG < 45 mL/min |
Risque d'acidose lactique avec la metformine:
Il faut principalement éduquer le patient au risque d’hypoglycémie, et aux moyens de les éviter avec en particulier la nécessité d’avoir une alimentation régulière.
En cas d’hypoglycémie :
Hypoglycémie : surtout pour l'insuline, les sulfamides hypoglycémiants et les glinides
Acidose lactique : biguanides
Pour les diabétiques de type 1 et 2 :
Pour les diabétiques de type 2 : perte de poids +++ et prise en charge des autres facteurs de risque CV (HTA, tabac, dyslipidémie..)