Pharmacocinétique et variabilité de réponse au médicament

Associations Médicamenteuses

En terme pharmacologique, la notion d’interaction pharmacodynamique nécessite la démonstration d’une additivité, d’une potentialisation ou d’un antagonisme entre les effets de deux médicaments différents. Ainsi, les effets de la combinaison de deux médicaments A et B peuvent être supérieurs (potentialisation) ou inférieurs (antagonisme) à la somme des effets de A et B lorsqu’ils sont donnés séparément. On parle de synergie ou d’additivité lorsque les effets de A et B se juxtaposent ou s’additionnent simplement.

Les interactions peuvent être dues à :
Ces interactions peuvent aboutir à une majoration des effets bénéfiques et dans ce cas elles sont voulues par le prescripteur : c’est le cas des prescriptions combinées d’antihypertenseurs, d’antibiotiques, d’antirétroviraux, d’antiépileptiques ou d’hypoglycémiants.

  • des actions simultanées sur des mêmes récepteurs ou des voies de signalisation intracellulaires communes ;
  • des effets sur une même fonction physiologique ou des fonctions compensatrices ;
  • des modifications de l’équilibre ionique.

Mais très souvent ces interactions pharmacodynamiques entraînent une augmentation des effets indésirables et dans ce cas elles doivent être prévenues par une adaptation de la posologie ou une surveillance particulière du patient.

En voici quelques exemples (liste non exhaustive) :

  • neuroleptiques (sauf la clozapine) et agonistes dopaminergiques ou L-Dopa : antagonisme pharmacologique au niveau des récepteurs dopaminergiques.
  • bêtabloquants et AINS : réduction de l’effet antihypertenseur des bêtabloquants par l’inhibition de la synthèse des prostaglandines vasodilatatrices par les AINS.
  • β-bloquants et amiodarone : troubles de la contractilité, de l’automatisme et de la conduction cardiaque par suppression des mécanismes sympathiques compensateurs.
  • analgésiques morphiniques et dépresseurs du système nerveux central (barbituriques, antidépresseurs sédatifs, neuroleptiques, benzodiazépines…) : effet dépresseur central majoré.
  • aminosides et vancomycine : ototoxicité majorée.
  • antivitamines K et antiagrégants plaquettaires : augmentation du risque hémorragique.
  • inhibiteurs de la recapture de sérotonine et IMAO : syndrome sérotoninergique par augmentation importante de la sérotonine au niveau du cerveau.
  • diurétiques hypokaliémiants :
    • autres hypokaliémiants : risque majoré d’hypokaliémie ;
    • digitaliques : toxicité des digitaliques majorées par l’hypokaliémie ;

tous les médicaments donnant des torsades de pointes car l’hypokaliémie est un facteur favorisant.

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