Raloxifène
Résumé de la fiche
Le raloxifène est un modulateur sélectif des récepteurs aux oestrogènes (SERM).
Il est indiqué chez les femmes présentant une ostéoporose post-ménopausique. Son efficacité a été montré au niveau vertébral, mais pas au niveau de la hanche. Ainsi, il n’est pas recommandé chez les patientes aux antécédents de fracture de hanche ou à risque élevé de fracture de hanche.
Item(s) ECN
128 : Ostéopathies fragilisantesRappel physiopathologique
Les rappels physiopathologiques sont abordés dans le chapitre « Anti-ostéoporotiques : Les points essentiels ».
Médicaments existants
Raloxifène 60 mg comprimé : la posologie recommandée est un comprimé par jour, par voie orale, qui peut être pris à n'importe quelle heure de la journée, avant, pendant ou après les repas.
Mécanismes d’action des différentes molécules
Le raloxifène est un modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes (SERM). Il possède des activités agonistes ou antagonistes sélectives sur les tissus sensibles aux œstrogènes.
Il agit comme un agoniste sur l'os au niveau des récepteurs aux œstrogènes ERα et ERβ des ostéoblastes et des ostéoclastes, partiellement sur le métabolisme du cholestérol (réduction du cholestérol total et du LDL-cholestérol), mais pas sur l’hypothalamus ou l'utérus ou le sein.
Au niveau osseux, il aboutit à une inhibition de l’ostéoclastogenèse et à une diminution du remodelage osseux. C’est un inhibiteur du remodelage osseux.
Effets utiles en clinique
Le gain de densité minérale osseuse (DMO) est modeste, inférieur à celui des bisphosphonates ou du dénosumab, principalement au rachis lombaire. C’est la raison pour laquelle il n’est pas recommandé chez les patientes aux antécédents de fracture de hanche ou à risque élevé de fracture de hanche.
Gain de DMO modeste : environ +2 à +3 % au rachis et au col fémoral.
Efficacité anti-fracturaire : diminution de 30 à 50 % des fractures vertébrales, pas de réduction significative des fractures de la hanches ou d'autres fractures non vertébrales.
Caractéristiques pharmacocinétiques utiles en clinique
Absorption
Environ 60 % de la dose orale est absorbée. La glucuronisation présystémique est importante. La biodisponibilité absolue du raloxifène est de 2 %.
Distribution
Le raloxifène est fortement lié aux protéines plasmatiques (98-99 %).
Biotransformation
Le raloxifène subit un important métabolisme en métabolites glucuroconjugués lors du premier passage : raloxifène-4'-glucuronide, raloxifène-6-glucuronide et raloxifène-6,4’-diglucuronide.
Élimination
La majorité d'une dose de raloxifène et des métabolites glucuroconjugués est excrétée dans les 5 jours et se retrouve essentiellement dans les fèces, moins de 6 % étant excrétés dans l’urine.
Précautions d’emploi
Risque thrombo-embolique
Le raloxifène est associé à un risque accru d’accident thrombo-embolique veineux qui est identique à celui rapporté avec le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS). Le traitement par raloxifène doit être interrompu en cas de maladie ou de situation entraînant une immobilisation prolongée. La reprise du traitement ne pourra avoir lieu qu’après résolution des causes initiales de son arrêt et la reprise d’une mobilité complète.
Insuffisance hépatique
Le raloxifène est principalement métabolisé par le foie. Son utilisation n’est pas recommandée chez les patientes ayant une insuffisance hépatique. Le bilan hépatique doit être étroitement surveillé au cours du traitement.
CONTRE-INDICATIONS
- Femmes en âge de procréer
- Antécédents d’accidents thrombo-emboliques veineux
- Insuffisance hépatique
- Insuffisance rénale sévère
- Saignement génital inexpliqué
Effets indésirables
- Accidents thrombo-emboliques veineux et artériels
- Bouffées de chaleur
- Céphalées
- Nausées, vomissements, douleurs abdominales
- Syndrome pseudo-grippal