L'érythropoïétine (plus connue dans la presse sous le diminutif d'EPO) est le facteur de croissance erythroblastique; elle est synthétisée par le rein. En cas insuffisance rénale chonique sévère, les taux circulants d'érythropoïétine s'abaissent, entrainant une anémie chronique arégénérative, en l'absence de toute carence en fer ou vitamine.
Elle existe sous forme non modifiée (epoietine alpha) ou sous forme modifiée par génie génétique (darbepoietine) ou sous forme retard pegylée, les différentes formes conditionnant non pas le mode d'action mais la durée d'action et donc la fréquence des injections.
Les Erythropoïétines doivent être administrées par un médecin expérimenté.
Les indications sont:
Les érythropoïétines s'administrent par voie sous cutannée ou intraveineuse à des fréquences d'administration de 3 injections par semaine à 1 injection par mois en fonction des besoins de chaque patient, du mode d'administration et de la T1/2 de la molécule utilisée pour une cible thérapeutique à atteindre unique : hémoglobinémie entre 11 et 12 g/dl
Il convient de ne pas dépasser la cible de 12g/dl en raison du risque d'HTA et d'AVC (HTA+augmentation de la volémie+augmentation de la viscosité sanguine)
la surveillance de l'hémoglobinémie doit être mensuelle
LES ERYTHROPOÏETINES NE SONT PAS INDIQUEES CHEZ LES SPORTIFS: IL S'AGIT D'UN MESUSAGE EXPOSANT LES SPORTIFS A DES RISQUES GRÂVES COMME DES ACCIDENTS VASCULAIRES CEREBRAUX
Il existe également une classe médicamenteuse à part qui stimule la production d'EPO. Il s'agit des inhibiteurs de dégradation de HIF (hypoxic Inducible factor) qui inhiblent l'enzyme de dégradation de HIF (la propyl-hydroxylase). Le roxadustat a les mêmes indications que les EPO dans la MRC en dialyse ou pas. Il est non inférieur à l'EPO en terme de réponse (atteinte de la cible d'hémoglobinémie) mais augmente le risque de thrombose de l'accès vasculaire (FAV) et enfin, il existe un doute sur un exès de risque d'événements cardiovasculaires artériels (MACE) par rapport à l'EPO.
Toutes le érythropoïétines stimulent l’érythropoïèse en interagissant avec le récepteur de l’érythropoïétine à la surface des progéniteurs médullaires.
le roxadustat en inhibant la dégradation de HIF augmente les concentrations de HIF
erythropoïétine recombinante (epoetin alpha) IV ou sc (2 à 3 injections/semaine)
darboïetine alpha recombinante (différant de 4 acides aminés de l'érythropoïétine naturelle) IV ou sc (3 injections/semaine à 1 injection par mois)
epoetin beta recombinante pégylée (forme retard) IV ou sc (2 injections/semaine à 1 injection par mois)
roxadustat s'adminstre per os à 3 prises par semaine
Les EPO et analogues stimulent le récepteur de l'érythropoïétine
Le roxadustat stimule la production d'EPO
Normalisation de la masse globulaire circulante qui contribue à une meilleure oxygénation des tissus (effet notable chez les patients atteints d'ischémie myocardique notament) et parfois d'augmenter la pression artérielle (pouvant être abaissée en cas d'anémie importante ou chez le sujet agé.
normalisation de la fréquence cardiaque (accélérée en cas d'anémie pour compenser la baisse d'oxygénation tissulaire périphérique).
Recoloration progressive des téguments (correction de la paleur liée à l'anémie)
correction de l'asthénie liée à l'anémie
augmentation des réticulocytes
augmentation du nombre de globules rouge
augmentation du taux d'hémoglobine circulante
L'érythropoïétine et ses analogues s'utilisent exclusivement par voie injectable, sous cutannée ou intra veineuse (en cas d'hémodialyse). La voie SC est préférée car assure un effet plus étalé dans le temps. Chez les patients hémodialysés, selon la T1/2 de l'érythopoïétine la fréquence d'injection peut varier d'une injection 3 fois par semaine à une fois par mois.
Chez les patients atteints d'insuffisance rénale chronique non dialysée ou les patients atteints de cancer sous chimiothérapie la fréquence des injections est individualisée pouvant aller de 3 injections/semaine à une injection par mois (pour les analogues de l'érythropoïétine). La fréquence des injections est individualisée et basée sur la cible thérapeutique à viser: hémoglobinémie entre 11 et 12g/dl.
l'érythropoïétine recombinante (epoetin alpha) administrée en sc a une T1/2 de 24h
la darboïetine alpha administrée en sc (différant de 4 acides aminés de l'érythropoïétine naturelle), lui confère une T1/2 allongée de 74h
l'époetin beta pégylée administrée en sc (forme retard) a une T1/2:140 heures
Le Roxadustat (inhibiteur de propyl hydroxylase de HIF) s'administre pers os 3 fois par semaine et a une T1/2 de 15h
Pour le roxadustat, il peut y avoir une baisse de son absorption intestinale en présence d'ions divalents comme le calcium, phosphore, magnésium et des chelateurs intestinaux de phosphore sauf le lanthane
Pas d'utilisation d'érythropoïétine avant d'avoir corrigé les carences en fer (et vitamine B9 et B12 le cas échéant)
Si érythropoïétine envisagée et syndrome inflammatoire: corriger une éventuelle infection chronique, le syndrome inflammatoire entraine une résistance à l'érythropoïétine.
Si roxadustat envisagé, éviter chez les patients à risque de thrombose de leur accès vasculaire (FAV) et ceux à haut risque cardiovasculaire.
élévation de la pression artérielle
consommation des réserves en fer si absence de supplémentation systématique
risque augmenté d'AVC si hémoglobinémie dépassant 12g/dl
pour roxadustat excès de risque de thrombose de leur accès vasculaire (FAV).
hémoglobinémie : chaque mois pour une cible entre 11 et 12g/dl
surveiller tous les trimestre ferritinémie et % saturation transferrine
Pression artérielle: attention par une surcorrection de la masse sanguine peut donner des HTA et augmente le risque d'AVC.