Dénosumab

Résumé de la fiche

Le dénosumab est un anticorps monoclonal de type IgG2 qui a pour cible le RANKL, ligand essentiel dans la formation, la fonction et la survie des ostéoclastes. Il inhibe ainsi l’interaction RANK/RANKL, aboutissant à une diminution de l’ostéoclastogenèse et à une diminution de l’activité des ostéoclastes. Il inhibe ainsi la résorption osseuse et ralentit le remodelage osseux.

Le dénosumab s'administre par voie SC et est indiqué dans l’ostéoporose et dans les atteintes osseuses tumorales.

Item(s) ECN

128 : Ostéopathies fragilisantes

Rappel physiopathologique

Les rappels physiopathologiques sont abordés dans le chapitre « Anti-ostéoporotiques : Les points essentiels ».

Médicaments existants

PROLIA® 60 mg : 1 injection SC tous les 6 mois, indiqué pour l’ostéoporose post-ménopausique, masculine et induite par les médicaments (glucocorticoïdes, anti-aromatases, analogues de la GnRH, anti-androgènes).

XGEVA® 120 mg : 1 injection SC tous les mois, indiqué pour les métastases osseuses et tumeurs osseuses à cellules géantes.

Mécanismes d’action des différentes molécules

Le dénosumab est un anticorps monoclonal de type IgG2 qui a pour cible le RANKL, ligand essentiel dans la formation, la fonction et la survie des ostéoclastes. Il inhibe ainsi l’interaction RANK/RANKL, aboutissant à une diminution de l’ostéoclastogenèse et à une diminution de l’activité des ostéoclastes. Il inhibe ainsi la résorption osseuse et ralentit le remodelage osseux.

Effets utiles en clinique

Situation

Effets osseux

Ostéoporose post-ménopausique

Gain de DMO :

- Rachis : +9,2 % rachis à 3 ans

- Hanche : +6,0 % hanche à 3 ans

Efficacité anti-fracturaire :

↓ fractures vertébrales 68 %

↓ fractures de hanche 40 %

↓ fractures non vertébrales 20 %

Métastases osseuses de cancers solides (sein et prostate)

↓ événements osseux : fractures pathologiques, irradiation osseuse, chirurgie osseuse, compression médullaire

Tumeur osseuse à cellules géantes

Réduction tumorale, contrôle local, possibilité d’éviter ou différer une chirurgie mutilante

Caractéristiques pharmacocinétiques utiles en clinique

 

Absorption

Après injection SC, absorption lente via le système lymphatique.

Le pic sérique (Cmax) survient entre 5 et 21 jours.

La biodisponibilité est de 60–65 %.

 

Distribution

Le volume de distribution est relativement faible, essentiellement compartiment vasculaire/interstitiel.

 

Métabolisme

Absence de métabolisme hépatique.

 

Élimination

Comme les autres anticorps monoclonaux, le dénosumab n’est pas éliminé par le rein. Il est éliminé par catabolisme protéique via le système réticulo-endothélial, puis dégradé en peptides/acides aminés.

Précautions d’emploi

 

Hypocalcémie

Le risque d’hypocalcémie est plus important sous dénosumab comparativement aux bisphosphonates. Une supplémentation en calcium (au minimum pendant 15 jours suivant l’injection) et en vitamine D est indispensable.

Les patients atteints de maladie rénale chronique (MRC) sévère (stade 3-5D) ont un risque important d’hypocalcémie induite par le dénosumab. Chez ces patients, souvent atteints d’hyperparathyroïdie secondaire à la MRC, le maintien d’une calcémie normale est sous la dépendance d’un remodelage osseux élevé. L’inhibition de la résorption osseuse par le dénosumab est alors à risque majeur d’hypocalcémie dans cette population. Une supplémentation en calcium et en vitamine D est indispensable.

 

Ostéonécrose de la mâchoire

Le risque d’ostéonécrose de la mâchoire est exceptionnel lorsque le dénosumab est indiqué pour l’ostéoporose, mais significatif (1% à 15%) lorsqu’il est indiqué en oncologie, comme pour les bisphosphonates.

Une consultation chez un chirurgien-dentiste avec ± un examen d’imagerie (orthopantogramme) est recommandée avant l’introduction du traitement.

 

Arrêt du traitement (effet rebond)

À l'arrêt du denosumab, une diminution de la densité minérale osseuse est attendue, notamment au niveau du rachis, ce qui entraîne une augmentation du risque de fracture vertébrale. Un relais du dénosumab par un bisphosphonate est recommandé pour éviter cet effet rebond.

 

Troubles de la minéralisation

Comme pour les bisphosphonates, le dénosumab ne doit pas être employé chez les patients présentant des troubles de la minéralisation (ostéomalacie, rachitisme).

 

CONTRE-INDICATIONS

  • Ostéomalacie et rachitisme
  • Grossesse, allaitement (innocuité non démontrée)
  • Insuffisance rénale sévère (débit de filtration glomérulaire estimé à 30 mL/min/1,73m².)
  • Hypocalcémie

Effets indésirables

  • Hypocalcémie
  • Fractures atypiques (en partie en lien avec une diminution du remodelage osseux)
  • Ostéonécrose de la mâchoire (en partie en lien avec une diminution du remodelage osseux)
  • Infections cutanées (cellulites)
  • Myalgies, arthralgies

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  • 21 Mai 2026