Anticorps monoclonaux anti-récepteurs membranaires

Résumé de la fiche

Plusieurs molécules membranaires sont à l’origine de voies de signalisation cellulaires aboutissant à l’activation de la prolifération ou de la mort cellulaire. Elles comprennent notamment des récepteurs des facteurs de croissance, de cytokines ou des antigènes, certains exprimés uniquement dans certains types cellulaires et surexprimés dans des cellules tumorales. Toutes ces molécules constituent des cibles de choix dans la thérapeutique anti tumorale.

Item(s) ECN

291: Traitements des cancers
295: Tumeurs de la cavité buccale, naso-sinusiennes et du cavum, et des voies aérodigestives supérieures
298: Tumeurs du colon et du rectum
299: Tumeurs cutanées, épithéliales et mélaniques
300: Tumeurs de l'estomac
306: Tumeurs du poumon, primitives et secondaires
309: Tumeurs du sein
315: Leucémies lymphoïdes chroniques
316: Lymphomes malins
326: Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes chez l’adulte et chez l’enfant

Rappel physiopathologique

Anticorps thérapeutiques antagonistes


Cibler spécifiquement un récepteur membranaire, et bloquer la liaison de son ou de ses ligands ou son fonctionnement, n’est devenu réellement possible qu’avec les anticorps monoclonaux. Les anticorps anti-récepteurs de facteurs de croissance ont trouvé leur place dans l’arsenal thérapeutique en oncologie. Par exemple deux anticorps contre le récepteur de l’Epidermal Growth Factor (EGFR1), bloquent la croissance tumorale et sont indiqués dans le traitement des adénocarcinomes coliques, le cetuximab et le panitumumab, le cétuximab étant indiqué également dans les carcinomes épidermoïdes de la sphère ORL. Un autre anticorps dirigé contre EGFR2 (HER-2), le trastuzumab, est indiqué dans le traitement des tumeurs du sein et de l’estomac surexprimant cet oncogène.

Enfin d’autres anticorps interférent avec les synapses immunologiques, tel l’ipilimumab (anti CTLA4) qui potentialise les réponses lymphocytaires T et est utilisé dans le mélanome.

Anticorps thérapeutiques cytolytiques

Dès lors qu’un anticorps se fixe sur un antigène membranaire, il peut avoir un effet cytotoxique pour la cellule cible, effet recherché dans le cas d’une cible cancéreuse.

L’effet cytolytique peut résulter de la capacité de l’anticorps à activer la voie classique du complément jusqu’au complexe d’attaque membranaire.

Ils peuvent aussi recruter des cellules cytotoxiques/phagocytaires, porteuses de FcgR activateurs (cellules NK, macrophages, polynucléaires) tuant leur cible par un mécanisme de cytotoxicité cellulaire dépendante des anticorps. Les IgG1 sont les plus actifs.

Certains anticorps sont aussi par eux-mêmes capables d’induire l’apoptose de la cellule portant l’antigène qu’ils reconnaissent. C’est le cas des antagonistes comme le Cétuximab et le trastuzumab ainsi que l’anti CD52 Alemtuzumab utilisé dans la leucémie lymphoïde chronique B et les anti CD20 Rituximab, Ofatumumab utilisés pour traiter de nombreuses hémopathies lymphoïdes B. Ce dernier ayant une plus grande capacité à activer le complément.

Il existe également des anticorps monoclonaux thérapeutiques neutralisants des autoantigènes. Un exemple utilisé en oncologie est le bévacizumab une IgG1 dirigé contre le VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor).

Médicaments existants

Alemtuzumab (Campath™, anti CD52)
Basiliximab (Simulect™, anti CD25),
Bevacizumab (Avastin™, anti VEGF)
Blinatumomab (Blincyto™ , anti-CD19/CD3
Catumaxomab(Removab™, anti EpCAM et Anti CD3)
Cetuximab (Erbitux™, anti EGFR)
Gemtuzumab (Mylotarg™, anti CD33)
Ibritumomab (Zevalin™, anti CD20)
Ipilimumab (Yervoy™, anti CTLA4) Voir le chapitre Immunomodulateurs
Ofatumumab (Arzerra™, anti CD20)
Panitumumab (Vectibix™, anti EGFR)
Pertuzumab (Perjeta™, anti HER2)
Pembrolizumab (Keytruda™). anti PD-1) Voir le chapitre Immunomodulateurs
Ramucirumab (Cyramza™, anti VEGF-2 récepteur)
Rituximab (MabThera™, anti CD20)
Trastuzumab (Herceptin™, anti HER-2)

 

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  • 31 mai 2018