Insulines

Résumé de la fiche

L’insuline humaine (obtenue par génie génétique) peut être préparée en association avec du zinc à faible concentration (insuline ordinaire ou rapide) ou à forte concentration (insuline Zinc), ou avec une protéine, la protamine (insuline NPH). Ceci explique les différences de cinétique de résorption après injection sous-cutanée. 
Il existe aussi des insulines modifiées (quelques acides aminés diffèrent), élaborées pour être actives soit très rapidement, soit très lentement.

La classe cinétique d’une insuline est sa principale caractéristique pratique pour le traitement. Elle dépend de sa vitesse de résorption après injection sous-cutanée. Elle va déterminer si l’insuline est plutôt rapide (propre à aider l’organisme à assimiler un repas) ou plutôt lente (pour constituer un plateau d’insulinémie à faible concentration tout au long du nycthémère).

Insuline ordinaire (ou rapide)

Rapide

Rapide

Lispro

Rapide optimisée

Aspart

NPH

Lente

Intermédiaire

Zinc

Zinc protamine

Lente " classique "

Glargine

Lente optimisée

Les délais et durée d’action correspondantes sont :

 

dci 
ou appellation habituelle

délai d'action

pic 
d'activité

durée 
d'action

Rapide

insuline ordinaire

30 min

1 à 2 hr

4 à 6 hr

Rapide optimisée

lispro

environ
15 min

30 min à 90 min

3 à 4 hr

aspart

environ 
15 min

30 min à 90 min

3 à 4 hr

Intermédiaire

NPH

1 à 2 hr

3 à 6 hr

10 à 16 hr

Zinc

2 à 3 hr

4 à 6 hr

16 à 24 hr

Lente

Zinc-protamine

2 à 5 hr

4 à 6 hr

24 à 28 hr (variable ++)

Lente optimisée

glargine

2 à 5 hr

 

24 à 36 hr

Le principal effet secondaire est l’hypoglycémie.

Il n’ y a pas de contre-indication au traitement par insuline.

La surveillance de l’efficacité et de la tolérance du traitement par insuline repose sur la surveillance glycémique capillaire (c’est-à-dire au bout du doigt). Elle est sans comparaison dans la pharmacopée, car :

La surveillance est pluri-quotidienne

Elle est effectuée par le patient lui-même

Elle conduit à des modifications instantanées de la posologie de l'insuline

Cette adaptation posologique est effectuée par le patient lui-même

Ceci implique que la prescription d’insuline ne peut se concevoir qu’associée à l’éducation du patient.

Item(s) ECN

245: Diabète sucré de types 1 et 2 de l’enfant et de l’adulte.5: Diabète sucré de types 1 et 2 de l’enfant et de l’adulte.
326: Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes chez l’adulte et chez l’enfant6: Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes chez l’adulte et chez l’enfant

Médicaments existants

 

Dci

Voie

Classe cinétique

Insuline humaine

insuline ordinaire

sous-cutanée, intra-musculaire, intra-veineuse

Classe cinétique rapide

Insulines monomériques (rapides optimisées)

Lispro

sous-cutanée exclusivement

Classe cinétique rapide optimiséeClasse cinétique rapide optimisée

Aspart

Classe cinétique rapide optimisée

Insuline intermédiaires

NPH

Classe cinétique intermédiaire

Zinc

Classe cinétique intermédiaire

Analogue retard (lente optimisée)

glargine

Classe cinétique lente optimisée

Tableau 1 : insulines existantes

 

dci ou appellation habituelle

concentration de zinc approx.(mg/100 U)

tampon

adjuvant

Adjuvant-protéique

aspect

rapide

insuline ordinaire

0,02

-

Métacrésol ou parahydroxybenzoate de méthyle

-

clair

rapide optimisée

lispro

0,02

-

Métacrésol

-

clair

aspart

0,02

-

Métacrésol

-

clair

intermédiaire

NPH

0,03

phosphate

Métacrésol

protamine

trouble

Zinc

0,25

acétate

Métacrésol

-

trouble

lente

Zinc-protamine

0,25

phosphate

Métacrésol

protamine

trouble

lente optimisée

glargine

0,02

-

Métacrésol

-

clair

Tableau 2 : caractéristiques des préparations des insulines

concentration des préparations d'insuline commerciales

100 U/ml

soit 3,6 mg/ml

soit 0,6 mmol/l

(des préparations à 500U/ml sont exceptionnellement utilisées)

Tableau 3 : concentration des préparations

>>> Classe cinétique rapide : l'insuline humaine

L’insuline ordinaire (insuline rapide) est utilisable par voies sous-cutanée, intra-musculaire et intra-veineuse. 
Elle est composée de deux chaînes polypeptidiques, A et B, reliées par des ponts disulfures.

Schéma 1

figure 11

Après injection sous-cutanée, son activité apparaît après environ trente minutes, est maximale après deux-trois heures et persiste cinq à sept heures. Ces valeurs sont indicatives et sujettes à de grandes variations inter-individuelles.

>>> Classe cinétique rapide optimisée

Par génie génétique, il a été possible de produire des protéines identiques à l’insuline a quelques acides aminés près et possédant des propriétés cinétiques particulières : leur dissociation après injection sous-cutanée est très rapide, permettant d’obtenir un pic d’action plus précoce que celui de l’insuline ordinaire sous-cutanée.Les analogues rapides optimisés (lispro et aspart) sont utilisables par voies sous-cutanée exclusivement.

  • Aspart :
    Elle résulte de la substitution de la proline en position 28 sur la chaîne B de l’insuline : cette modification induit une répulsion des molécules d’insuline contrastant avec la tendance de l’insuline ordinaire de s’auto-associer.
    Après injection sous-cutanée, son activité apparaît après quelques minutes, est maximale après une heure et persiste trois à quatre heures. Ces valeurs sont indicatives et sujettes à de grandes variations inter-individuelles.
  • Lispro :
    La séquence est identique à celle de l’insuline ordinaire à l’inversion res résidus lysine et proline (B28 et B29 à l’extrémité de la chaîne B). Les caractéristiques cinétiques sont similaires à celles de l’aspart. Après injection sous-cutanée, son activité apparaît après quelques minutes, est maximale après une heure et persiste trois à quatre heures. Ces valeurs sont indicatives et sujettes à de grandes variations inter-individuelles.

>>> Classe cinétique intermédiaire

  • insuline NPH :
    La NPH est une préparation d’insuline humaine en tampon phosphate et en présence d’une protéine, la protamine et de zinc comme toutes les préparations d’insuline. Après injection sous-cutanée, son activité apparaît après une à deux heures, est maximale après quatre à six heures et persiste entre dix et quatorze heures. Ces valeurs sont indicatives et sujettes à de grandes variations inter-individuelles.
  • insuline « Zinc » :
    L’insuline « Zinc » est une préparation d’insuline humaine en tampon acétate et en présence de zinc comme toutes les préparations d’insuline, mais à plus forte concentration (environ 0,2 mg/100 unités d’insuline, soit dix fois plus que dans les autres préparations). Après injection sous-cutanée, son activité apparaît après une à deux heures, est maximale après quatre à six heures et persiste entre dix et quatorze heures. Ces valeurs sont indicatives et sujettes à de grandes variations inter-individuelles. Elle est peu utilisée.

>>> Classe cinétique lente optimisée

  • Insuline glargine :
    Deux modifications par rapport à l’insuline humaine : l’addition de deux arginines en B31 et B32 à l’extrémité de la chaîne B et la subsitution d’une asparagine par une glycine en A21 à l’extrémité de la chaîne A. Ces modifications rendent la glargine plus soluble à un pH légèrement acide, et bien moins au pH physiologique du tissu sous-cutané. 
    Après injection sous-cutanée, l’insuline glargine précipite, ce qui entraîne une absorption et donc une durée d’action prolongée. Son activité apparaît après quatre heures environ, ne présente pas de pic (avantage pour une insuline lente) et persiste plus de 24 heures. Ces valeurs sont indicatives et sujettes à de grandes variations inter-individuelles.

Mécanismes d’action des différentes molécules

La classe cinétique d’une insuline (sa principale caractéristique pratique pour le traitement) dépend de sa vitesse de résorption après injection sous-cutanée. Les modalités de la résorption sont résumées dans le tableau 4.

 

dci

classe cinétique

mécanisme de résorption

insuline humaine

insuline ordinaire (ou rapide)

rapide

mécanisme de résorption de l'insuline rapide (lien vers animation mode absorption-insuline.ppt

insulines monomériques

lispro

rapide optimisée

mécanisme de résorption de l'insuline rapide optimisée (lien vers animation mode absorption-insuline-analogue-rapide.ppt

Aspart

insuline intermédiaires

NPH

intermédiaire

mécanisme de résorption de l'insuline intermediaire (lien vers animation mode absorption-insuline-intermediaire.ppt

Zinc

lente

Zinc

lente

mécanisme de résorption de l'insuline lente (lien vers animation mode absorption-insuline-intermediairee.ppt

analogue retard

glargine

lente optimisée

mécanisme de résorption de l'insuline lente optimisée (lien vers animation mode absorption-insuline-lente-optimisée.ppt

Tableau 4 : mécanismes de résorption des différentes molécules et préparations

Le mécanisme d’action des insulines est identique pour les diverses molécules après l’étape de résorption. Il implique la liaison de l’insuline à un récepteur spécifique (Récepteur de l’insuline) constitué de 2 sous-unités a et de 2 sous-unités b à activité tyrosine-kinase. La cascade biochimique aboutissant aux effets de l’insuline est incomplètement connue, elle est résumée dans l’animation 1 et illustrée par l’animation interactive 2.

Mécanisme d’action de l’insuline :

animation 1

Récepteur de l’insuline (pour une lecture approfondie)

Caractéristiques moléculaires

La liaison à son récepteur spécifique constitue la première étape de l’action de l’insuline. Le récepteur de l’insuline est une glycoprotéine ubiquitaire composée de deux sous-unités extracellulaires a dont chacune est liée à une sous-unité b et qui sont liées entre elles par des ponts disulfures. Il s’agit donc d’un hétérotétramère a2b2 (figure ci-dessous).

Figure 1

figure 21

L’ADN complémentaire du récepteur à l’insuline a été cloné en 1985 (Ebina Y et al, Cell 1985 ; 40 : 787) et le gène est situé sur le bras court du 19ème chromosome humain.
La sous-unité a est extra-cellulaire et possède le site de liaison à l’insuline, ainsi qu’un domaine riche en cystéine (entre les résidus 155 et 312 avec les numérotations de la référence Ebina Y et al, Cell 1985 ; 40 : 787), que l’on rencontre également dans d’autres récepteurs (ceux de l’Insulin-like Growth Factor, de l’Epidermal Growth Factor, des Low Density Lipoproteins). Sa masse moléculaire est d’environ 130 kDa.
La sous-unité b traverse la membrane cellulaire et sa masse moléculaire est d’environ 95 kDa. Sa portion intra-cellulaire possède l’activité tyrosine kinase régulée par l’insuline.
Les deux sous-unités subissent des modifications post-traductionnelles avec des étapes de glycosylation importantes pour la fonction du récepteur. 
Il existe deux isoformes du récepteur, dont la distribution diffère suivant le type cellulaire. Leurs caractéristiques fonctionnelles les distinguent également, mais l’amplitude des différences ainsi que leurs rôles en physiologie et en pathophysiologie restent controversés.

Liaison de l’insuline

Les sites de liaison de l’insuline à son récepteur, et les modalités de cette liaison restent encore méconnus. La liaison s’effectue sur la sous-unité a qui est extra-cellulaire. Il existe une probable région de liaison (binding pocket) impliquant les 500 premiers résidus de la sous-unité a (sur plus de 700), particulièrement le domaine riche en cystéine. Des études de mutagenèse dirigée ont montré que les douze derniers résidus de la région C-terminale étaient également indispensables. Enfin il est possible de réaliser une chimère fonctionnelle en modifiant les acides aminés 64 à 137 du récepteur de l’IGF-1 : la substitution de ces acides aminés par la séquence correspondante du récepteur de l’insuline donne une chimère liant avec affinité l’insuline, tout en ayant conservé sa capacité de liaison de l’IGF-1 (Schumacher R et al, J Biol Chem 1993 ; 268 :1087). Ceci a été interprété comme une confirmation du rôle primordial de la région riche en cystéine.

Les courbes de liaison de l’insuline à son récepteur en fonction de la concentration de l’hormone sont complexes et non-linéaires. Ceci implique qu’il existe plusieurs sites de liaison, et que leurs caractéristiques diffèrent. Une autre hypothèse serait une coopérativité négative (DeMeyts P et al, Exp Clin Endocrinol 1993 ; 101 :17), c’est-à-dire la liaison à la sous-unité a avec une haute affinité lorsque la concentration d’insuline est basse, et avec une faible affinité quand la concentration d’insuline est élevée (supra-physiologique) par un phénomène de compétition et d’encombrement spatial à proximité des sites.

Transduction du signal de liaison

La liaison de l’insuline à son récepteur entraîne une cascade biochimique complexe transmettant l’information de liaison aux processus enzymatiques impliqués dans les effets pléiotropes de l’insuline. La première étape, nécessaire, est l’autophosphorylation du récepteur sur des résidus tyrosines de la portion intra-cellulaire de la sous-unité b. Le mécanisme est probablement une levée de l’inhibition exercée par la sous-unité a sur l’activité kinase de la sous-unité b. 

Vue 3D de la région tyrosine-kinase du récepteur de l’insuline

Après cette autophosphorylation, l’activité kinase du complexe récepteur-ligand s’exerce sur plusieurs substrats intra-cellulaires, dont les mieux caractérisés sont l’IRS-1 et l’IRS-2 (Insulin Receptor Substrate 1 et 2).

La fin du statut actif du complexe récepteur ligand est médiée par une déphosphorylation du récepteur et une internalisation des complexes avec dégradation ultérieure de l’insuline et recyclage du récepteur.

Effets utiles en clinique

Effet

applicable en thérapeutique à :

mécanisme

hypoglycémiant

toutes insulines

-

hypokaliémant

insuline ordinaire par voie intra-veineuse

activation de la pompe Na/K ATPase

anti-cétogenèse

insuline ordinaire par voie intra-veineuse

-

protecteur sur le cardiomyocyte ischémique

insuline ordinaire par voie intra-veineuse en association à un perfusat glucose/potassium

hyperpolarisation de la membrane, diminution de la production d'espèces réactives toxiques par rééquilibrage des flux énergétiques, préservation du glycogène

Tableau 5 : effets utiles des insulines en clinique

Pharmacodynamie des effets utiles en clinique

 

dci ou appellation habituelle

délai d'action

pic d'activité

durée d'action

rapide

insuline ordinaire

30 min

1 à 2 hr

4 à 6 hr

rapide optimisée

lispro

15 min

30 min à 90 min

3 à 4 hr

aspart

15 min

30 min à 90 min

3 à 4 hr

intermédiaire

NPH

1 à 2 hr

3 à 6 hr

10 à 16 hr

Zinc

2 à 3 hr

4 à 6 hr

16 à 24 hr

lente

Zinc-protamine

2 à 5 hr

4 à 6 hr

24 à 28 hr (variable ++)

lente optimisée

glargine

2 à 5 hr

-

24 à 36 hr

Tableau 6 : caractéristiques pharmacodynamiques de l’effet hypoglycémiant des insulines

Caractéristiques pharmacocinétiques utiles en clinique

Les éléments de pharmacocinétique pertinents pour la décision thérapeutique sont détaillés dans le tableau ci-dessous.

 

dci ou appellation habituelle

délai d'action

pic d'activité

durée d'action

rapide

insuline ordinaire par voie sous-cutanée

30 min

1 à 2 hr

4 à 6 hr

insuline ordinaire par voie intra-veineuse

5 min

15 min

60-90 min

rapide optimisée

lispro

15 min

30 min à 90 min

3 à 4 hr

aspart

15 min

30 min à 90 min

3 à 4 hr

intermédiaire

NPH

1 à 2 hr

3 à 6 hr

10 à 16 hr

Zinc

2 à 3 hr

4 à 6 hr

16 à 24 hr

lente

Zinc-protamine

2 à 5 hr

4 à 6 hr

24 à 28 hr (variable ++)

lente optimisée

glargine

2 à 5 hr

Pas de pic (profil en plateau)

24 à 36 hr

Tableau 7 : caractéristiques pharmacodynamiques de l’effet hypoglycémiant des insulines

foie : environ 70 %

rein : environ 30 %

autres tissus (muscle, endothélium...) : inférieur à 1 %

Tableau 8 : élimination (catabolisme) de l’insuline

>>> Classe cinétique rapide : l'insuline humaine

Figure 1

figure 4 2

Concentrations d’insuline en ng/ml après injection sous-cutanée d’insuline rapide (0.2 U/kg)

Figure 2figure 5

Consommation de glucose en mg/min après injection sous-cutanée d’insuline rapide (0.2 U/kg)

>>> Classe cinétique rapide optimisée :

Aspart

Figure 3

figure 62

Concentrations d’insuline après injection sous-cutanée d’insuline aspart et d’insuline ordinaire (0.2 U/kg)

Figure 4

figure 7

Consommation de glucose en mg/min après injection sous-cutanée d’insuline aspart et d’insuline ordinaire (0.2 U/kg)

Lispro

Figure 5

figure 8

Concentrations d’insuline en ng/ml après injection sous-cutanée d’insuline lispro et d’insuline ordinaire (0.2 U/kg)

Figure 6

figure 9

Consommation de glucose en mg/min après injection sous-cutanée d’insuline lispro et d’insuline ordinaire (0.2 U/kg)

>>> Classe cinétique intermédiaire :

Insuline NPH

figure 10

Figure 7

 

Concentrations d’insuline en ng/ml après injection sous-cutanée d’insuline NPH (0.3 U/kg)

Figure 8

figure 12

Consommation de glucose en mg/min après injection sous-cutanée d’insuline NPH (0.3 U/kg)

>>> Classe cinétique lente optimisée :

Insuline glargine

figure 13Figure 9

Concentrations d’insuline en ng/ml après injection sous-cutanée d’insuline NPH et d’insuline glargine (0.3 U/kg)

Figure 10

Consommation de glucose en mg/min après injection sous-cutanée d’insuline NPH et d’insuline glargine (0.3 U/kg)

Source de la variabilité de la réponse

>>> Interactions médicamenteuses :

Effets majeurs 
(il faut toujours adapter la posologie de l'insuline)

metformine

thiazolidinediones

sulfamides hypoglycémiants (chez les diabétiques de type 2)

Effets mineurs 
(il faut parfois adapter la posologie de l'insuline)

b-bloquants

salicylates

éthanol

inhibiteurs de l'enzyme de conversion

lithium

théophylline

bromocriptine

pentamidine

Tableau 9 : médicaments augmentant la sensibilité à l’insuline ou ayant un effet hypoglycémiant

Effets majeurs
(il faut toujours adapter la posologie de l'insuline)

corticoïdes

autres immunosuppresseurs (cyclosporine, tacrolimus,…)

catécholamines et apparentés

Effets mineurs 
(il faut parfois adapter la posologie de l'insuline)

thiazidiques

inhibiteurs calciques

Niacine

oestroprogestatifs

diazoxide

b2-mimétiques

Tableau 10 : médicaments diminuant la sensibilité à l’insuline ou ayant un effet hyperglycémiant

>>> Interactions environnementales :

Type d'insuline (classe cinétique)

ordinaire

analogues rapides optimisées

intermédiaires

lentes

lente optimisée

Site d'injection

abdomen : résorption très rapide

bras, épaules : résorption rapide

cuisses, fesses : résorption plus lente

Lipodystrophies : résorption anarchique

Flux sanguin sous-cutané

la résorption s'accélère quand le flux sanguin augmente

soleil

sauna

bain chaud

exercice physique

Volume injecté

un volume important ralentit le passage systémique

Technique d'injection (angle, profondeur)

injection intradermique : douleur, mauvaise résorption

injection intramusculaire : douleur, résorption accélérée

Facteurs individuels +++

d'un sujet à l'autre

d'un jour à l'autre chez un même sujet

Tableau 11 : conditions d’utilisation influençant les effets de l’insuline

>>> Variations de la réponse à l'insuline dans des populations particulières :

 

sensibilité à l'insuline

mécanisme

femmes enceintes

diminuée

méconnu, rôle essentiel du placenta

obésité

diminuée

méconnu, rôle des facteurs (hormonaux ou non) d'origine adipocytaire et de la surcharge lipidique de nombreux types cellulaires

âge > 65 ans

diminuée, en général effet mineur

méconnu, multifactoriel

polymorphisme génétique

pas de donnée hormis maladie monogénique type Lipodystrophie Congénitale avec phénotype d'insulinorésistance extrême

variable

insuffisant rénal

accrue

environ un tiers de la dégradation de l'insuline est assurée par le rein

insuffisant hépatique

diminuée

méconnu ; de plus, risque d'hypoglycémie important par défaut de dégradation hépatique de l'insuline, défaut de néoglucogenèse et parfois sécrétion altérée de glucagon par toxicité pancréatique

insuffisant respiratoire

-

-

insuffisant cardiaque

-

-

Tableau 12 : modifications de la sensibilité à l’insuline dans les situations physiologiques particulières

Situations à risque ou déconseillées

Il n’ y a pas de contre-indication au traitement par insuline.

Chez l’insuffisant rénal, il est conseillé de débuter par de faibles doses (la dégradation rénale est altérée et il n’y a pas de mécanisme d’adaptation, notamment la dégradation hépatique n’est pas majorée).

Chez l’insuffisant cardiaque, des cas de surcharges volémiques sont rapportés lors de l’instauration d’une insulinothérapie et d’équilibration rapide d’une hyperglycémie marquée.

Suivant la situation, l’objectif glycémique diffère : se référer au chapitre THER du diabète pour les indications et les objectifs.

Précautions d’emploi

Stockage

au réfrigérateur pour les récipients non entamés à l'air ambiant plusieurs semaines (en fait grande stabilité à des températures < 30°)

injection sous-cutanée

avec une aiguille de taille adaptée à l'épaisseur du tissu adipeux, perpendiculairement à la peau, avec deux règles :

1) un horaire = un site (exemple : le matin dans l'abdomen, le soir dans la cuisse) (en raison des variations de résorption d'un site à l'autre)

2) dans un même site, on décale l'injection de quelques centimètres d'un jour sur l'autre (prévention des lipodystrophies)

Tableau 13 : modalités d’utilisation

Des précautions doivent être prises :

  • En cas d’hypoglycémie, il faut procéder 
    - au resucrage (sans excès, un verre de jus de fruit par exemple dans le cas d’une hypoglycémie banale)
    - à l’analyse de la cause de l’hypoglycémie pour la corriger s’il y a lieu
    - puis reprendre le traitement par insuline 
  • En cas de situation de prise de responsabilité : conduite automobile, certaines professions ;
    - Le contrôle glycémique capillaire avant la mise en situation puis régulièrement au cours de sa réalisation met à l’abri de l’hypoglycémie
    - Parfois reclassement professionnel nécessaire
  • En cas d’allergie à un constituant (exceptionnel)
    - Un relais par une autre préparation suffit souvent
    - Une désensibilisation est possible

 

Effets indésirables

Effets secondaires courants, sans mise en jeu du pronostic vital

Effets

Symptômes

hypoglycémie entre 0,5 et 0,8 g/l

sueurs, sensation de malaise, vision trouble, fringale, tremblements, palpitations

lipodystrophie

épaississement localisé du tissu adipeux sous-cutané

hypokaliémie

modifications ECG, troubles du rythme

prise de poids (liée à la correction de l'insulinopénie ou à des troubles du comportement alimentaire associés au diabète)

-

Effets secondaires rares, mettant en jeu le pronostic vital

Effets

Symptômes

hypoglycémie sévère (supérieure 0,5 g/l)

troubles de la vigilance, troubles du comportement, coma

tumorigenèse (cf tableau ci-dessous)

-

hypokaliémie

modifications ECG, troubles du rythme

Réaction allergique locale ou générale exceptionnelle, liée à l’un des composants des préparations commerciales

-

 

Tableau 14 : effets secondaires de l’insuline. 
L’effet majeur est l’hypoglycémie. 
La prise de poids ne constitue pas exactement un effet secondaire, mais est vécue comme tel.

 

dci

affinité pour le récepteur à l'insuline

puissance métabolique (lipogenèse)

affinité pour le récepteur à l'IGF-I

puissance mitogénique

rapide

insuline ordinaire

100%

100%

100%

100%

rapide optimisée

aspart

92 ± 6

101 ± 2

81 ± 9

58 ± 22

lente

lispro

84 ± 6

82 ± 3

156 ± 16

66 ± 10

lente optimisée

glargine

86 ± 3

60 ± 3

641 ± 51

783 ± 132

Tableau 15 : affinité pour les récepteurs à l’insuline et à l’IGF-1, puissance métabolique et mitogénique des analogues de l’insuline par rapport à l’insuline humaine (à 100 % par définition) d'après Kurtzhals P. et al, Diabetes, 49:999-1005, 2000. Les modifications de quelques acides aminés suffisent à modifier les paramètres de liaison aux récepteurs de l’insuline et surtout de l’IGF-1, majorant l’effet anabolisant (et mitogénique) des analogues. La conséquence clinique de ces constatations in vitro est inconnue.

Surveillance des effets

La surveillance de l'efficacité et de la tolérance du traitement par insuline repose sur :

  • la glycémie capillaire
  • la mesure de l'HbA1c (ou hémoglobine glycosylée, qui est une fraction de l'hémoglobine d'autant plus importante que la glycémie a été élevée pendant les deux derniers mois)

mesure

fréquence

surveillance

conséquence

glycémie capillaire

pluri-quotidienne (3 à 7 par jour)

efficacité et tolérance (hypoglycémie)

adaptation des doses d'insuline chaque jour

HbA1c

tous les deux mois

efficacité moyenne

adaptation des doses et du schéma d'insulinothérapie

 

Tableau 16 : surveillance de l’insulinothérapie

La surveillance est pluri-quotidienne

elle est effectuée par le patient lui-même

elle conduit à des modifications instantanées de la posologie de l'insuline

cette adaptation posologique est effectuée par le patient lui-même

 

Tableau 17 : règles de la surveillance par autocontrôle glycémique

La surveillance de la glycémie capillaire est un cas unique de la surveillance d'un traitement dans la pharmacopée : Tableau 17. 

C'est dire si l'éducation du patient est fondamentale.

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  • 31 mai 2017

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