Erythropoïetine et analogues

Résumé de la fiche

L'érythropoïétine (plus connue dans la presse sous le diminutif d'EPO) est le facteur de croissance erythroblastique; elle est synthétisée par le rein. En cas insuffisance rénale chonique sévère,  les taux circulants d'érythropoïétine s'abaissent, entrainant une anémie chronique arégénérative, en l'absence de toute carence en fer ou vitamine.

Elle existe sous forme non modifiée (epoietine alpha) ou sous forme modifiée par génie génétique (darbepoietine) ou sous forme retard pegylée, les différentes formes conditionnant non pas le mode d'action mais la durée d'action et donc la fréquence des injections.

Les Erythropoïétines doivent être administrées par un médecin expérimenté.

Les indications sont:

  • anémie symptomatique liée à l'insuffisance rénale chronique (hémodialysée ou non)
  • anémie liée à un cancer non hématopoïétique traité par chimiothérapie
  • programme de transfusions autologues différées pour augmenter les dons de sang autologue.

Les érythropoïétines s'administrent par voie sous cutannée ou intraveineuse à des fréquences d'administration de 3 injections par semaine à 1 injection par mois en fonction des besoins de chaque patient, du mode d'administration et de la T1/2 de la molécule utilisée pour une cible thérapeutique à atteindre unique : hémoglobinémie entre 11 et 12 g/dl

Il convient de ne pas dépasser la cible de 12g/dl en raison du risque d'HTA et d'AVC (HTA+augmentation de la volémie+augmentation de la viscosité sanguine)

la surveillance de l'hémoglobinémie doit être mensuelle

LES ERYTHROPOÏETINES NE SONT PAS INDIQUEES CHEZ LES SPORTIFS: IL S'AGIT D'UN MESUSAGE EXPOSANT LES SPORTIFS A DES RISQUES GRÂVES COMME DES ACCIDENTS VASCULAIRES CEREBRAUX

Item(s) ECN

209: Anémie chez l’adulte et l’enfant
215: Pathologie du fer chez l’adulte et l’enfant
261: Insuffisance rénale chronique chez l’adulte et l’enfant

Rappel physiopathologique

Toutes le érythropoïétines stimulent l’érythropoïèse en interagissant avec le récepteur de l’érythropoïétine à la surface des progéniteurs médullaires.

Médicaments existants

erythropoïétine recombinante (epoetin alpha) IV ou sc (2 à 3 injections/semaine) 

darboïetine alpha recombinante (différant de 4 acides aminés de l'érythropoïétine naturelle) IV ou sc (3 injections/semaine à 1 injection par mois)

epoetin beta recombinante pégylée (forme retard)  IV ou sc (2 injections/semaine à 1 injection par mois)

Effets utiles en clinique

Normalisation de la masse globulaire circulante qui contribue à une meilleure oxygénation des tissus (effet notable chez les patients atteints d'ischémie myocardique notament) et parfois d'augmenter la pression artérielle (pouvant être abaissée en cas d'anémie importante ou chez le sujet agé.

normalisation de la fréquence cardiaque (accélérée en cas d'anémie pour compenser la baisse d'oxygénation tissulaire périphérique).

Recoloration progressive des téguments (correction de la paleur liée à l'anémie)

correction de l'asthénie liée à l'anémie

Pharmacodynamie des effets utiles en clinique

augmentation des réticulocytes

augmentation du nombre de globules rouge

augmentation du taux d'hémoglobine circulante

Caractéristiques pharmacocinétiques utiles en clinique

L'érythropoïétine et ses analogues s'utilisent exclusivement par voie injectable, sous cutannée ou intra veineuse (en cas d'hémodialyse). La voie SC est préférée car assure un effet plus étalé dans le temps. Chez les patients hémodialysés, selon la T1/2 de l'érythopoïétine la fréquence d'injection peut varier d'une injection 3 fois par semaine à une fois par mois.
Chez les patients atteints d'insuffisance rénale chronique non dialysée ou les patients atteints de cancer sous chimiothérapie la fréquence des injections est individualisée pouvant aller de 3 injections/semaine à une injection par mois (pour les analogues de l'érythropoïétine). La fréquence des injections est individualisée et basée sur la cible thérapeutique à viser: hémoglobinémie entre 11 et 12g/dl.

l'érythropoïétine recombinante (epoetin alpha) administrée en sc a une T1/2 de 24h

la darboïetine alpha administrée en sc (différant de 4 acides aminés de l'érythropoïétine naturelle), lui confère une T1/2 allongée de 74h

l'époetin beta pégylée administrée en sc (forme retard) a une T1/2:140 heures

Source de la variabilité de la réponse

  • nécessite de supplémenter systématiquement préventivement en fer car entraînent une forte consommation des réserves en fer de l'organisme et risque de résistance si carence en fer. il faut maintenir une ferritinimie > 100 µg/l et une saturation de la transferrine ≥ 20%. En cas d'hémodialyse, si le fer oral est insuffisant ou mal toléré on peut adminstrer le fer par perfusion intra veineuse en fin de dialyse, en surveillant la tolérance clinique .
  • syndrome inflammatoire pouvant occasionner une résistance à l'action de l'EPO
  • exceptionnelles immunisations entrainant de graves érythroblastopénies (auto anticorps anti érythropoïétine)

Situations à risque ou déconseillées

Pas d'utilisation d'érythropoïétine avant d'avoir corrigé les carences en fer (et vitamine B9 et B12 le cas échéant)

Si érythropoïétine envisagée et syndrome inflammatoire: corriger une éventuelle infection chronique, le syndrome inflammatoire entraine une résistance à l'érythropoïétine.

Effets indésirables

élévation de la pression artérielle 

consommation des réserves en fer si absence de supplémentation systématique

risque augmenté d'AVC si hémoglobinémie dépassant 12g/dl

Surveillance des effets

hémoglobinémie : chaque mois pour une cible entre 11 et 12g/dl

surveiller tous les trimestre ferritinémie et % saturation transferrine

Pression artérielle: attention par une surcorrection de la masse sanguine peut donner des HTA et augmente le risque d'AVC.

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  • Dernière modification: : becquemont Laurent
  • 31 mai 2017

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