3-Devenir normal du médicament dans l'organisme

Influence des formes et voies d'administration sur le devenir du médicament

Les points essentiels

Plusieurs voies d’administration du médicament sont à la disposition du prescripteur. On retiendra les plus courantes (voie orale, voie intraveineuse IV), les voies locales (collyres, pulvérisations nasales, intrathécale…), les voies qui améliorent la biodisponibilité du médicament, les voies de l’urgence (voie intrarectale, IV, intramusculaire IM), les voies injectables (IV, IM, sous cutanée) et celles permettant de prolonger la durée d’absorption du médicament (transdermique).

L’effet de premier passage hépatique correspond à la transformation du médicament lors de son passage dans le foie. Cette partie du métabolisme contribue à la réduction de la biodisponibilité. Les caractéristiques anatomiques de certaines circulations expliquent que le médicament puisse directement passer dans la circulation systémique en évitant la métabolisation hépatique. Ainsi la biodisponibilité maximale est obtenue après administration d’un médicament par voie IV ou lors de l’utilisation de certaines voies (sublinguale, intrarectale) qui évitent la circulation porte. D’autres tissus sont capables de biotransformer les médicaments (poumon, intestin), mais cette forme de métabolisation reste modeste par rapport au foie.

Le choix de la voie sera influencé par l’état du patient et l’effet souhaité (rapidité, durée). Les voies d’administration des médicaments influencent essentiellement les étapes de l’absorption et de distribution chez le sujet sans altération des grandes fonctions physiologiques. 

Biodisponibilités et caractéristiques des principales voies d’administration chez le sujet normal.

Voie d’administration Biodisponibilité Caractéristiques
Intraveineuse 100 % T max le plus court et donc survenue de l’effet le plus rapide
Orale ≤ 100%
et parfois très faible
Voie la plus courante, biodisponibilité variable selon la résorption digestive et l’effet de premier passage
Intra Musculaire ≤ 100% Voie de l’urgence, douloureuse, peu utilisée sauf pour les formes retard
Sous-cutanée ≤ 100% Facilité d’utilisation, intérêt également en pédiatrie
Intra Rectale < 100% Voie de l’urgence en pédiatrie ou voie alternative
Transdermique ≤ 100% Longue durée d’action, absence d’effet de premier passage

La voie locale optimise la concentration de la substance active au niveau du site d’intérêt (exemple des collyres). La nature de la cible (vascularisation, tissu néoplasique) influence les paramètres pharmacocinétiques des voies locales. Cependant, l’administration d’un médicament par voie locale expose aux effets systémiques de la molécule administrée.

Pour une même voie d’administration, la galénique peut considérablement modifier le profil cinétique d’un médicament. Un médicament administré par voie orale peut être présenté sous différentes formes :
         Certaines formes faciliteront une bonne résorption digestive ayant comme résultat une constante d’absorption (Ka) rapide et un pic de concentration précoce et plus élevée. Ces formes sont utiles pour obtenir un effet rapide (exemple de la morphine à effet immédiat : Actiskenan®). 

         D’autres formes permettront une résorption digestive plus progressive, étalée dans le temps afin d’obtenir un effet prolongé (exemple de la morphine à effet prolongé : Skenan® LP).  La formulation d’un principe actif conditionne sa vitesse de résorption et toute modification de sa présentation (ouverture d’une gélule par exemple) peut entraîner d’importantes conséquences d’exposition.

La formulation d’un médicament ne concerne pas seulement les voies orales, il existe par exemple de nombreuses formes d’insuline sous-cutanée permettant d’obtenir des profils de résorption cutanée variable et donc des couvertures thérapeutiques différentes.

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